Entretien passionné et engagé avec Clea

Hello Clea,

Vous êtes l’une des pionnières de la cuisine végétarienne, bio, vous livrez le secret de vos recettes sur votre blog, que l’on ne présente plus, http://www.cleacuisine.fr/, ainsi qu’à travers plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont votre excellente bible : « Tout Sans Gluten ».
Merci de nous faire l’honneur de répondre à l’invitation des « Chroniques des Fontaines ».
À l’occasion de la sortie de votre nouveau livre culinaire « Patate douce », édité chez La Plage, en vente partout, nous vous proposons un entretien intime et gourmand qui, nous l’espérons, saura vous dévoiler davantage à vos lectrices et vos lecteurs et vous ouvrir à un nouveau public. 

ABDF : C’est au Japon, que vous avez eu votre révélation culinaire. Parlez-nous de cette révélation et de vos expériences culinaires au pays du Soleil-Levant ?

CL : Pas vraiment de révélation, j’ai toujours aimé cuisiné et j’ai eu la chance d’avoir toujours accès à des produits de qualité, végétaux, de saison, ce qui permet beaucoup de créativité. Mais au Japon j’ai découvert l’existence des blogs de cuisine, créé le mien, et ensuite tout s’est enchaîné !

ABDF : Et votre approche végétarienne, sans gluten, sans lactose ?

CL : Je ne cuisine pas forcément sans gluten ni sans lactose, mais disons majoritairement. En revanche, je n’ai jamais aimé la viande et je suis donc principalement végétarienne. Ce sont mes goûts qui m’ont orientée vers ce type de cuisine, car j’ai la chance de ne souffrir d’aucune allergie alimentaire. J’aime la diversité que permettent les cuisine « sans », qui sont pour moi des cuisines « avec » (plus d’ingrédients alternatifs et d’idées originales).

ABDF : Comment votre famille, vos proches vivent votre mode de vie alimentaire ? L’ont-ils adopté ?

CL : Très bien. Pour ce qui est de ma famille proche, ils ont toujours baigné dedans. Mes amis sont des gens curieux qui aiment la cuisine, végétarienne ou non, dès lors qu’elle est gourmande et équilibrée.

ABDF : Nombreux de vos livres sont des variations autour d’un ingrédient phare (Variations potimarron, Gingembre, Kale, Agar-agar, secret minceur des japonaises, etc.) C’est, en quelque sorte, votre marque de fabrique. Patate douce, votre dernier opus est dans la lignée de ces derniers. Pourquoi aborder ce légume-racine ?

CL : Parce qu’elle permet de réaliser des plats aussi bien sucrés que salés, et se substitue à beaucoup d’ingrédients que certains cherchent à éviter (farine, sucre, matières grasses, etc.). J’aime tellement la patate douce que lui consacrer un livre coulait de source !

ABDF : Laquelle de vos recettes vous ressemble le plus, ou vous parle plus que les autres ?

CL : La tarte au citron, parce que j’aime sa saveur acidulée depuis mon enfance et que j’ai plaisir à la réinventer à chaque fournée, en y mettant mes nouvelles addictions culinaires (version grenade, version coco, version végan…).

ABDF : Même question pour un aliment, un légume ou un fruit, un produit ?

CL : Purée de noisette, potimarron, avocat…

ABDF : Est-ce qu’il y a un cuisinier, ou, devrions-nous dire, un créateur culinaire qui vous inspire plus que les autres ?

CL : C’est grâce à Valérie Cupillard et à ses premiers livres que j’ai découvert la cuisine bio végétale il y a vingt ans. Je lui en serai toujours reconnaissante !

ABDF : Vous semblez en perpétuelle évolution culinaire. Est-ce que vous avez une méthode de travail (ou devrions-nous dire de passion) voire des rituels avant d’élaborer de nouvelles recettes, ou bien, vous laissez votre instinct ou votre philosophie vous diriger ?

CL : Je lis beaucoup (de blogs, livres, magazines) et je laisse parler mes envies. J’aime aussi tester les recettes du moment qui sont populaires auprès des gens, afin de bien les cerner.

ABDF : Est-ce que vous ressentez une certaine pression avant la parution d’un nouveau livre ? Un mot sur le prochain ?

CL : Deux livres sortiront en début d’année chez La Plage autour d’un ingrédient et d’un type de plat qui me sont chers. Aucune pression, c’est toujours avec beaucoup d’enthousiasme et de plaisir que je me laisse habiter par un nouveau projet de livre plusieurs mois durant !

ABDF : Un point sur la dégradation de l’environnement. Ne craignez-vous pas que la pollution des sols, par les adjuvants chimiques, etc., n’empêche à terme à la cuisine saine et bio de pérenniser ?

CL : Je suis convaincue au contraire qu’elle représente le meilleur remède à la crise écologique et que nous aurons à cœur de la préserver, de la développer et d’en faire l’alimentation « normale » vs une alimentation « chimique » en déclin.

ABDF : Vous êtes très appréciée des lecteurs du Net. Votre blog, familial, accessible, outre son côté healthy et engagé, éveille les consciences de celles et ceux qui hésitaient à se passer de viande, et casser leurs mauvaises habitudes alimentaires. Comment recevez-vous, ou percevez-vous ces retours ?

CL : C’est vraiment en ce sens que je partage mes recettes et mon enthousiasme, et la meilleure récompense pour ce travail est de sentir que tout cela est utile aux gens et leur permet d’aller en confiance vers une alimentation plus éco-responsable. Ces témoignages me sont chers !

ABDF : Vous vous sentez investie d’une mission de santé publique (Le blog Clea cuisine est classé 10ème blog francophone le plus consulté) ?

CL : Les classements ne valent pas grand-chose. Mais disons que je ressens l’urgence de faire quelque chose pour lutter contre le réchauffement climatique et que je pense être à ma place dans cette « mission » de vulgarisation du savoir culinaire.

ABDF : D’ailleurs, avez-vous des conseils pour les créateurs culinaires qui souhaiteraient livrer leurs recettes sur Internet ?

CL : Ne pas se lancer sans avoir une spécificité, une marque de fabrique. Ne pas reprendre ce que font les autres, avoir un style à soi. On a chacun « notre » truc, c’est ce que l’on a de meilleur à partager.

ABDF : La classique et indispensable question pour les lecteurs curieux : sur quoi travaillez-vous ces temps-ci, Clea ? Une nouvelle recette à nous dévoiler en avant-première ? Allez-vous céder à la vague aquafaba ?

CL : Non, j’en doute. Je me replonge sur mes basiques, mes grands classiques. Cela me permet de m’ancrer et me fait du bien. Ils sont aussi plus faciles à transmettre à ceux qui souhaitent se mettre au bio-végétarien sans vraiment oser.

ABDF : Avez-vous un mot, une pensée « Clea » à l’attention des lecteurs des « Chroniques des Fontaines » ?

CL : Des remerciements à leurs auteurs qui ont mis au point cette interview personnalisée avec beaucoup de cœur et d’enthousiasme !

Merci pour ces confidences gourmandes, Clea.

Les deux derniers opus de Clea :

https://www.laplage.fr/catalogue/patate-douce-clea/
https://www.laplage.fr/catalogue/des-soupes-qui-nous-font-du-bien-clea-clemence-catz/

Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur Clea, c’est par ici :

http://www.cleacuisine.fr/
https://www.laplage.fr/auteurs/clea/ 


Arnaud & Bertille Delporte-Fontaine