Entretien essentiel et formateur avec Dominique Baudoux

Hello Dominique,

Merci de nous faire l’honneur de répondre à l’invitation des « Chroniques des Fontaines ». Vous êtes pharmacien aromatologue, président de Pranarôm, auteur de livres à succès sur l’aromathérapie et l’utilisation des huiles essentielles et fondateur du Collège International D’Aromathérapie. Nous allons avec cet entretien intime et passionné dévoiler votre parcours riche en expériences à nos lecteurs avides de découvertes !

ABDF : Dominique, vous êtes l’un des plus grands spécialistes des huiles essentielles de  notre temps. Homme de tous les combats, engagé pour la santé, vous proposez une autre manière de se soigner avec l’essence des plantes en alternative (ou en complément) au parcours pharmaceutique traditionnel, vous luttez chaque jour pour mieux nous faire comprendre l’efficacité des huiles essentielles. Or, il y a plus de vingt-cinq ans, l’aromathérapie n’était pas du tout connue du public accro à la médecine dite traditionnelle. Racontez-nous les débuts de votre combat pour faire (re)connaître les huiles essentielles.

DB : Un combat permanent ou une aventure quotidienne n’est-il pas ce qu’il y a de plus excitant pour défendre une noble cause (la proposition de l’aromathérapie scientifique et médicale). Ouvrir l’esprit de tout thérapeute pour l’amener petit à petit à une prise de conscience collective de l’intérêt de ce que la Nature a de plus dense, mais aussi de plus subtil pour aborder la maladie : les huiles essentielles chémotypées. Au départ, la curiosité doublée d’un intérêt scientifique, conduit à une passion débordante. Celle-ci se mue en véritable vocation, voire mission : livrer un message universel : les bienfaits apportés par les huiles essentielles pour toute pathologie de tous types de patients.

Le jeune pharmacien des débuts n’imaginait cependant pas que sa route serait à ce point sinueuse et dangereuse. Les risques commerciaux et économiques de l’entrepreneur ne sont rien en comparaison des dangers provenant d’administrations de la santé et des lobbies qui ne peuvent accepter la menace d’une médecine populaire, atypique et aimée. Alors que la chimie de synthèse a chassé le naturel de nos officines et cabinets médicaux, lui permettre de revenir au galop telle une EBM (Evidence-Based Medicine) est un discours insupportable pour nombre d’entre eux. D’autant plus qu’aujourd’hui encore, le médecin ne peut pas le croire… Comme si nous parlions de croyance alors que les preuves formelles de leurs activités et efficacité sont légion.

Partant de rien, une immense détermination me fait embaucher mon frère cadet, puis ma sœur, puis l’épouse de mon cousin ; car l’union familiale sacrée permet de déplacer les montagnes sans même aucune attente en contrepartie. Juste un espoir de vivre des instants uniques et magiques sur le parcours professionnel d’une vie à 200 à l’heure. Trente ans plus tard, 250 salariés répartis sur 6 filiales dans le monde. Beau succès ? Uniquement le fait d’avoir affronté et traversé une masse d’épreuves dont vous sortez avec une force indicible.

ABDF : En fils de pharmaciens, vous êtes bien placé pour connaître les limites de la pharmacopée classique. Quel a été l’élément déclencheur qui vous a poussé à vous tourner vers les plantes ?

DB : Un passage par l’industrie pharmaceutique suivi d’une expérience officinale (ma pharmacie) me révèle petit à petit que le médicament soigne (quand il le peut), mais ne guérit que trop rarement. S’ajoute l’évidence de nombreux effets secondaires suite à son administration. Je sens et ressens que ma patientèle est ouverte à une proposition thérapeutique autre que la chimie de synthèse si et seulement si elle y trouve une efficacité comparable associée à une toxicité moindre. Mais l’élément déclencheur vient d’un ami médecin homéopathe à une conférence donnée à Bruxelles dont le titre était : « Aromathérapie » « Aroma… quoi ? », lui ai-je répondu. « Les huiles essentielles, tu connais ? » Non ! Curieux, j’embraye sur son offre et au cours de cette présentation, une petite diode luminescente dans l’un des recoins les plus obscurs de mon cerveau s’agite pour me proposer : c’est cela que tu feras de ta vie. Depuis lors, nul repos, si ce n’est celui du guerrier afin de repartir de l’avant, encore et toujours.

ABDF : À quoi ressemble le quotidien d’un aromatologue ?

DB : Mon activité me fait dire que chaque jour contient 24 heures, chaque mois 31 jours et chaque année 365 jours. Une image pour exprimer que les huiles essentielles sont dans mes pensées les week-ends, les vacances, les nuits… Communicateur de toutes les potentialités qu’elles offrent, tôt, très tôt le matin, répondre aux mails de thérapeutes de la nuit, qui sollicitent avis, conseils, formules pour accompagner leurs patients sur la voie de la guérison. Ensuite, direction Pranarôm (l’entreprise d’une vie, la mienne). Arrivée avant tout autre salarié, je tiens à cette présence, car « leading by example » est mon crédo au niveau managérial. Se pencher sur une analyse d’huile essentielle, formuler un produit original, suivre le développement de l’un de mes bébés (produit innovant), planifier mes cours, mes déplacements, suivre les projets de R&D… et laisser ma porte ouverte afin que tout salarié puisse me rencontrer et partager ses problèmes et ses états d’âme.

ABDF : En acteur de cette société stressante et harassante, avec un rythme de vie trépidant tel que le vôtre, comment arrivez-vous à préserver votre santé ? Des recettes et des formules personnelles à nous faire partager ?

DB : Je ne suis pas un surhomme. Constitutionnellement, une bonne santé avec laquelle je touche régulièrement les limites, emporté par mon enthousiasme. L’un de mes secrets pour dormir 7 heures par nuit : s’endormir avec un rêve et se réveiller en souhaitant vivre son rêve par quelque nouveau projet. Le sommeil est indispensable à la récupération physique, mais aussi à la mémoire. Donc je dors toujours bien, même quand les problèmes sont importants. Mais je me fais aider par une grande huile essentielle : la camomille noble. Au coucher, 5 gouttes de camomille noble sur chaque voûte plantaire et 3 gouttes sur la face interne des poignets pour joindre ensuite les mains en cathédrale permettant de couvrir le nez pour une longue et profonde inspiration répétée 3 fois successivement. Trois minutes plus tard, je dors. Un tel lâcher-prise, une telle relativisation, que les soucis sont propulsés à d’énormes distances… On ne les voit même plus. C’est la méthode olfacto.

Dominique nous livre deux de ses formules dont il a le secret :

Tonicité, forme physique et mentale : un sympathique mélange composé de gingembre (1 ml), menthe poivrée (3 ml) et essence de citron zeste (6 ml) : 1 goutte en bouche, pure ou diluée dans un peu de miel, sucre de canne ou huile végétale alimentaire.

Prévention : mon produit miracle, véritable panacée, la lotion Aromaforce 30 ml. Un mélange de 10 huiles essentielles pour balayer toute velléité des microbes qui aura maille à partie et s’en retournera vaincue, préférant choisir une autre cible. 15-20 gouttes (je ne compte même plus) sur le thorax, le soir, ou matin et soir, selon les circonstances, jusqu’à ce que je ressente l’énergie retrouvée.

ABDF : Votre bible sur l’aromathérapie (L’aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles, Éditions Amyris) est l’une des références en la matière. L’ouvrage offre à chacun les bases de cette science millénaire (qui remonteraient à l’Égypte ancienne). Un mot sur ce livre ?

DB : Mes Bibles : la première, de celle qui positionne votre action dans le marché (L’Aromathérapie, se soigner par les huiles essentielle, Éditions Amyris). Ce livre est une boîte à outils de 60 huiles essentielles pour le patient/le consommateur qui a déjà touché aux huiles essentielles, est convaincu de leur efficacité et veut élargir son champ de connaissances et utilisations.

La dernière, de celle qui veut toucher la communauté des étudiants du domaine de la santé et les paramédicaux (L’Aromathérapie, Éditions Dunod). 100 huiles essentielles pour 400 formules thérapeutiques, pratiques et pragmatiques.

ABDF : Des conseils pour celles et ceux qui voudraient s’initier à l’aromathérapie (un mot sur votre Collège International d’Aromathérapie, peut-être) ?

DB : Je ne peux qu’inviter le patient à se prendre en charge par une automédication bien comprise des huiles essentielles. Or, vu la concentration moléculaire exceptionnelle et l’efficacité redoutable de ces actifs, une connaissance des huiles essentielles est indispensable pour se soustraire aux risques de quelque mauvaise utilisation. C’est bien la raison de l’existence du Collège International d’Aromathérapie. Différentes compétences s’y trouvent pour offrir une information de qualité pour un emploi sécurisé et performant de ces quintessences végétales. Niveau de base, journées thématiques, ateliers pratiques, pour le professionnel de la santé, mais aussi pour le patient. Un large éventail : jetez un œil : www.college-aromatherapie.com et www.pranarom.com (Formations Inula). Et puis les livres, pour se rappeler toutes les offres d’une aromathérapie scientifique.

ABDF : En complément des huiles essentielles, quel mode de vie recommandez-vous à vos patients ? Les orientez-vous vers la médecine préventive (acupuncture, ostéopathie, homéopathie, etc.) et vers une alimentation saine (à base de produits biologiques, avec une baisse de la consommation de produits carnés, laitiers, etc.) ?

DB : La meilleure et la plus belle médecine est celle qui pratique la prévention (autre que celle de la vaccination abusive). Mon crédo : manger sain, de tout, car rien n’est totalement interdit, mais l’excès en toute chose est nuisible. Boire une eau de source de qualité et rejeter tous les sodas. Boissons alcoolisées, café, avec parcimonie. Respirer un air propre. Vivre au grand air, au contact de la Nature est tellement régénérant qu’il faudrait en institutionnaliser la pratique. Pratiquer une activité physique (et pas sportive pour autant) quotidienne : marche, natation, vélo… Penser positif (voir le verre à moitié plein, toujours). Aimer, vous d’abord, puis le conjoint, les enfants, les amis… et les ennemis. Au final, une harmonie à tous les étages, une eutonie (parfait équilibre) en toute chose pour que la maladie n’ait pas d’emprise sur l’être vivant. Et si la maladie existe, recourir à la médecine qui vous parle, car il n’y en a pas de réellement mauvaise. Il n’y a que celle que vous valideriez. Être cohérent entre ce que vous êtes et ressentez ET le choix qui vous correspond le mieux.

ABDF : Qu’est-ce que vous avez à dire à celles et ceux qui ont peur de ralentir leur consommation des médicaments chimiques créés par l’industrie pharmaceutique (souvent, par peur de l’inconnu, ou parce qu’ils n’ont jamais connu d’autre médecine) ?

DB : Le Monde de consommation médicamenteuse vous tient en distillant des peurs pour mieux vous cadenasser et vous rendre dépendant de médicaments qui s’appelaient à l’origine des drogues. Dépendances-drogues ? Cela vous parle ? Je comprends parfaitement le patient tenu et retenu par les médicaments de synthèse et lui faire abandonner totalement ces remèdes synthétiques n’est pas souhaitable. Rien ne presse et pour rentrer dans cette approche, le meilleur des moyens serait de prendre de l’huile essentielle en complément du médicament afin d’en réduire progressivement la dose jusqu’à le substituer totalement dans un idéal absolu. Soyons doux et progressifs, c’est-à-dire à l’image de notre proposition.

ABDF : Du coup, la transition est parfaite pour rebondir sur le scandale du Levothyrox (médicament destiné, entre autres, à corriger l’hyperthyroïdie) qui secoue la France ces temps-ci. Vous avez une formule à base d’essences de plantes à recommander aux patients souffrant de troubles thyroïdiens ?

DB : Pour les hypothyroïdies, une synergie d’huiles essentielles mérite d’être évaluée pour compléter ou remplacer le médicament et son lot d’effets secondaires. Voici le remède : HECT Myrte vert 2 ml, Épinette noire 1 ml, Giroflier 1 ml, Cannelle de Ceylan écorce 0,5 ml, HV Noyau d’abricot 5 ml. 4 gouttes dans un peu de miel, sucre de canne ou HV alimentaire, en bouche, matin et midi, 3 semaines sur 4, pendant 3 mois (désolé pour la saveur puissante et inhabituelle). Faire le point et poursuivre si les résultats sont positifs ou encourageants.

PS : thyroïdite d’Hashimoto : présence de Yersinia (entérobactérie) dans un nombre très élevé de cette pathologie.

ABDF : Un mot sur l’actualité (française, toujours) concernant les vaccinations (en Belgique, seule celle de la poliomyélite est obligatoire) ?

DB : Évitons l’intégrisme en tout domaine et faisons la part des choses. Quelques vaccins seulement sont indispensables pour le plus grand nombre, d’autres le sont aussi pour les seules personnes concernées, mais une hypervaccination systématisée, étatisée et imposée, me semble être thérapeutiquement un contre-sens et, humainement, une privation de la liberté élémentaire de gérer sa santé, individuelle.

ABDF : Avec vos engagements pour une médecine alternative (conférences, livres, Collège International d’Aromathérapie, les laboratoires Pranarôm), est-ce que vous vous sentez investi d’une mission de santé publique ?

DB : Les yeux écarquillés, je regarde les terres des contrées lointaines par le hublot de l’avion et je me dis déjà : que la Terre est belle ! Et puis, j’imagine l’hélichryse sur tel lieu, les romarins sur tel autre… La Terre dispose d’encore suffisamment d’espaces pour les cultures Bio, pour livrer, tout en remodelant le modèle économique et social, les volumes suffisants de ces quintessences végétales. De plus, n’oublions pas que la nature possède ses propres dépollueurs aussi : peuplier noir, saules… rien de mieux que pour assainir les sols pollués.

ABDF : Selon vous, à quoi va ressembler la médecine du futur (des trente prochaines années) ? Allons-nous revenir vers la nature ou bien nous enfermer dans le schéma anxiogène du 100% pilule synthétique ?

DB : Redorer le blason des huiles essentielles est mon sacerdoce, rendre leur place dans l’arsenal thérapeutique du monde médical est ma mission, figurer comme la médecine du futur est mon espoir.

ABDF : Entre la pollution des sols, le réchauffement climatique, la surproduction de denrées (et le gaspillage qui en découle) à l’attention des pays « dits » développés (qui, en réalité, sont motivés par la peur du manque à manger qui va de pair avec le fameux manque à gagner), l’ombre menaçante du nucléaire, ou d’un nouveau conflit mondial, vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste quant à l’avenir de notre planète ?

DB : Les dés sont jetés. Nous mourrons d’excès de synthèse. L’OMS vient de classer en septième position peu enviable la pollution environnementale. Soit, en toute conscience, nous allons droit dans le mur en nous enfonçant dans le 100 % de synthèse, soit, en pleine conscience, et dans un sursaut salutaire, nous faisons un revirement basé sur d’autres valeurs, modes de vie, éductions… Faisons confiance à l’Homme, même s’il se réveille à la dernière fraction de seconde avant l’inéluctable… sauf à aller au bout de sa folie. Un entrepreneur dans une démarche, de plus, risquée, est un optimiste de nature, même s’il a ses doutes profonds. Le tout est de rebondir pour éclairer son entourage de cette emprunte bienveillante et lumineuse.

ABDF : Une question plus légère, auriez-vous une formule (interne ou externe) à base d’huiles essentielles pour remonter le moral de nos concitoyens, ces jours-ci ?

DB : « Qui maitrisait les odeurs, métrisait le cœur des hommes » écrivait Patrick Suskind dans ce roman mythique, Le parfum. Rien n’est donc plus efficace pour agir sur les esprits. Voici une formule qui a le mérite de donner du peps lorsque le patient est à plat.

ABDF : La classique et indispensable question pour les lecteurs curieux : sur quoi travaillez-vous ces temps-ci, Dominique ? Une news à nous dévoiler en avant-première ?

DB : Un scoop ? Démontrer scientifiquement que la nature peut compléter, renforcer ou remplacer des médicaments comme les antibiotiques dont les heures sont comptées par le phénomène de résistance généralisée des bactéries. Les antibiotiques perdent de leur efficacité et de leur superbe. Que ferons-nous, que serions-nous sans ce médicament ? Imaginez des huiles essentielles qui, en y étant mélangées, solutionneraient cette problématique importante de la résistance bactérienne. Nous y travaillons dur et 2018 verra la fin heureuse de cette R&D ! Ensuite, viendra l’application. Patience donc…

ABDF : La spéciale « Des Fontaines » : avez-vous un mot, une pensée « Dominique Baudoux » à l’attention des lecteurs des « Chroniques des Fontaines » (ce qui vous passe par la tête) ?

DB: Donnons-nous rendez-vous dans une décennie pour constater que les huiles essentielles auront montré un tel intérêt pour l’humanité que leurs activités auraient permis d’accéder au plus haut niveau de reconnaissance par l’obtention… d’un Nobel.

Merci pour ces confidences sincères, Dominique.

Pour en savoir plus sur Dominique Baudoux, c’est par ici :

Son Collège International d’Aromathérapie :

http://www.college-aromatherapie.com/accueil

L’aromathérapie, Se soigner par les huiles essentielles, son indispensable bible sur les huiles essentielles, en vente partout :

http://www.editionsamyris.com/fr/douce-alternative/4-l-aromatherapie-se-soigner-par-les-huiles-essentielles.html

Aromathérapie, Sa seconde bible sur les huiles essentielles parue cette année chez Dunod :

https://www.dunod.com/sciences-humaines-et-sociales/aromatherapie-100-huiles-essentielles?gclid=EAIaIQobChMIjeyH16Hk1wIV6rXtCh1GUAQbEAYYASABEgIqmPD_BwE

Quelques publications :

http://www.pranarom.com/fr/nos-produits/aromatherapie-publications/aromatherapie_par_d_baudoux/SSF00910

Dominique en live :

https://www.youtube.com/watch?v=nSqvNPcOc5c

Ses recommandations pour l’automne 2017 :

http://www.lalibre.be/lifestyle/psycho/10-huiles-essentielles-anti-stress-anti-fatigue-et-anti-froid-59b69d9ecd703b659245898f

Enfin, retrouvez en parallèle la chronique encensée du nouveau livre de Dominique Baudoux Aromathérapie, ici, dans notre rubrique « Coups de ♡ ».

Allez lire également la passionnante préface de Dominique Baudoux des Contes Culinaires de la fée Myrtille, Tome 1, en vente,  ici et Tome 2, ici.


Arnaud et Bertille Delporte-Fontaine