Exposition Barbara

Philharmonie de Paris du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018.

Dis, Barbara, quand reviendras-tu ?

Gueules de Nuit ou de jour ! Éveillez vos Gueules d’amour ! Enfants de novembre et de Göttingen ! Réveillez les muses clair de nuit de la Seine ! Pressez-vous de Passy à Precy, filez les flots des Fontaines et suivez le chant des sirènes ! Hommes en habit rouge ! Femmes de velours et de dentelles ! Accourez à la source des Batignolles ou à l’eau de Bobino ! Abreuvez la Louve de Bruxelles à Paris ! Embrassez la gloire déchue de Drouot ! Libérez le Minotaure mis à nu ! Chantez d’aubade en aubade jusqu’à Marienbad ! Car quoi encore ? Barbara, et la prose posthume de sa plume, s’expose, poudre de Perlimpinpin, à la Porte de Pantin !

Pantin c’est l’heure. Pantin, bonsoir. On recommencera demain, Pantin soleil, Pantin merveille, Pantin, Pantin, Pantin…

Après vingt années passées sans l’Elle noire en ailes et ses zinzins, Barbara, fille de l’Ecluse, éclot une nouvelle fois, et fait vibrer sa voix vespérale et son piano sépulcral, à la Cité de la Musique de la saison automnale à la passion hivernale. La chanson française retrouve sa plus belle histoire d’amour en sa longue dame brune, chanteuse de minuit, le temps d’une grande saison de Spleen et de mal de vivre, et met, comme il se doit, en exergue, celle dont on attend toujours que sa joie nous revienne, celle qui chantait du bout des lèvres et du cœur, la solitude sans interlude, la mort sans certitude, la vie sans servitude, celle qui livrait ces insomnies au tout-venant, au Tout-Paris, à tout bout de chant, celle qui ne savait pas dire je t’aime et qui s’en balançait quand même, celle qui cueillait l’œillet blanc au temps des lilas, celle qui fredonnait une petite cantate sans piédestal du haut de son piano noir, celle qui jouait sans faux pas le Bel âge au bois de Saint-Amand, celle qui tua l’amour et ses rêves à grands coups de bonheur, celle enfin qui revint sur ses pas, à Nantes et Rémusat, ce matin-là.

Documents inédits, manuscrits, correspondances, et autres esquisses… Si la photo est bonne, l’exposition à l’automne promet d’être un immortel printemps pour cette « femme qui chante », érigée en une oblongue arabesque, révérence libertaire, arborescence millénaire aux fragrances d’enfant laboureur enchaîné pour toujours en fleur d’amour au devant de la scène. Qu’à cela ne tienne, À mourir pour mourir, l’Aigle noir en phénix éternel a choisi l’âge cendre.

Chapeau bas, Barbara. Tu nous reviens, déjà.

Exposition Barbara du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018 à la Philharmonie de Paris/ Cité de la Musique.

Renseignements, ici.


Bertille Delporte-Fontaine

Publicités