Le Billet mal luné de l’Affreux ! (épisode 1)

Et pour marquer le coup d’envoi de ces bons mots, j’ai pensé vous amener sur le terrain ô combien glissant, et surtout, urgent, du problème environnemental…

Vous êtes bien lunés ?

Parfait ! Alors, en avant les mots…

Mes mots « un » : Planète Terre, je t’aime moi non plus

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Si vous n’étiez pas sur ce monde fin 2015, vous avez manqué la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) à laquelle se sont rendus de nombreux chefs d’États pour ausculter les petits maux de notre planète Terre causés par nos modes de vie voraces et penser aux solutions pour abréger… pardon… alléger ses souffrances, afin que nous puisions continuer d’exploiter ses ressources… pardon… d’y vivre sereinement, en bonne santé, le plus longtemps possible.

Bon, il faut surtout savoir que ces gens-là, à la solde des industriels, sont surtout venus alléger leurs consciences et ouvrir aux mêmes industries polluantes des voies de sortie après le fiasco de leurs usages effrénés des énergies fossiles et des énergies propres à tendance radioactives. Comme on cause pas mal du réchauffement de la planète ces temps-ci, qui à terme, pourrait étouffer nos hivers et nous plonger dans une saison sèche éternelle, les organisateurs de la conférence, ont mis en exergue l’émission outrancière des gaz à effet de serre des puissances du monde et des pays « dits » émergents (de quoi émergent-ils ? De continents oubliés ? De la sauvagerie ? Ah, comme nous, êtres prétendus civilisés, sommes toujours enclins à catégoriser avec mépris les moins bien lotis de la sphère terrestre).

objectif-grenelle-meddVous me direz, mieux vaut tard que jamais… J’ai le sentiment que les pouvoirs publics se réveillent un peu quant à la merde environnementale dans laquelle ils nous ont plongés… Oui, chers amis, notre planète a pris cher depuis l’âge doré des cités d’or. Ses mythiques océans bleus olympiens sont aujourd’hui couverts de plastique, si bien, qu’on ne peut plus nager sans boire des tasses synthétiques. Ses terres fertiles servent dorénavant à planquer nos déchets éhontés, saletés radioactives en tête.

J’ai conscience d’aborder là le sujet qui fâche. Dans la vie réelle, celle de nos problèmes éphémères, le quotidien que l’on veut bien nous vendre (des gadgets aux ondes wi-fi qui font griller nos cerveaux atrophiés, des divertissements dématérialisés sur la toile, des jeux vidéo où l’on flingue à tout-va des terroristes grimés en orques de l’Heroic Fantasy, des sites de télescopages de queues, de cons et de fions flatulents, avec en veille, dans nos inconscients angoissés, un chômage planqué dans notre arrière-pays cérébral qui nous pousse à consommer toujours plus des pilules de joie jusqu’à indigestion totale) est, je vous l’accorde, très prenant…

viandes-grilles-photoNormal, que, nous, les fils des industriels et bureaucrates qui nous ont légué ce monde fumant, soyons très anxieux. Alors, quand la flippe s’empare de nos ventres bedonnants, on compense comme on peu. Pour penser à autre chose que ces balivernes écologiques, certains se gavent de viande rouge deux fois par jour en oubliant (déni, quand tu me tiens par les couilles) que pour satisfaire leur demande carnassière, il faut élargir la surface des champs d’élevage des ruminants, et, bien sûr, surpeupler ces espaces de vaches normandes bourrées d’herbes, de céréales et d’antibiotiques dont les pets polluants l’atmosphère figurent dans le Guinness des records.

Tout ça au détriment des espaces cultivables et des forêts qui produisent notre précieux oxygène… Et pour qui ? Pour quoi ? Pour nourrir les appétits insatiables de ronds-de-cuir et d’industriels gavés aux hormones de croissance et vos fringales affectives à vous, amis consommateurs du virtuel, en passant. Si nos ancêtres « chasseurs cueilleurs » jetaient un œil sur nos modes de vie indigestes, ils vomiraient sur-le-champ les betteraves et les groseilles qu’ils ont dégustées dans leurs tombes.

Pourquoi es-tu si alarmiste, l’Affreux ? Pourquoi emmerdes-tu nos quotidiens et nos plaisirs coupables ? Qu’est-ce qui te prend, eh, à bousculer nos illusions ? T’es pas heureux ?

maxresdefault-6-768x474Eh bien, non, je ne suis pas heureux quand je respire les pots d’échappement de vos véhicules asphyxiants. Non, je ne suis pas heureux quand je pense que dans vingt ans, mon fils ne pourra peut-être plus boire de l’eau potable à souhait, ou avaler un bol d’air frais et sain à la campagne… Merci à l’agriculture de masse et ses pesticides qui courent les allées des verts pâturages de nos provinces. Merci aux déchets nucléaires entassés sous notre nez naïf partout en France… Jetez un œil sur ce site, c’est édifiant :

http://www.dechets-radioactifs.com/les-dechets-radioactifs/inventaire.html

On nous a vendu une énergie nucléaire propre et sans risque. Tu parles d’une couleuvre. Eh, pas sûr que les Provençaux et leurs rivières souillées par les détritus radioactifs soient ravis. Pas étonnant que le cancer explose au pays de la lavande. Même EDF ne sait plus quoi faire de ses centrales nucléaires obsolètes et onéreuses qui plombent les finances publiques. Ils ont du pot que les Anglais aient signé l’accord de Hinkley Point, le projet de construction d’une centrale nucléaire pharaonique au sud-ouest de la Grande-Bretagne. On se demande si la France (inconsciemment bien sûr), ne s’est pas mise en tête d’aller polluer les sols des voisins par esprit revanchard… Les arriérés entre nos deux nations ne datent pas d’hier ni de leur départ de l’Union Européenne…

ecologie_energie-renouvelable_miniEt les énergies renouvelables dans tout ça ? Solaires ? Géothermiques ? Hydrauliques ? Éoliennes ? Marines et celles issues de la Biomasse ? Elles comptent pour du beurre (vegan) ?

Heureusement non ! De nombreux pays, dont la Finlande et la Suède, usent et abusent de ces énergies qui ne coûtent pas un rond (même si l’investissement en panneaux solaires et tout nouvel équipement a un coût, ne soyons pas naïfs) en comparaison de nos énergies usagées. Saviez-vous que les Allemands équipaient leurs toits de panneaux solaires pour s’offrir une autonomie énergétique ? Certains d’entre nous m’ont affirmé que ces panneaux en accointance avec les cieux défiguraient les paysages ou que le bruit des pales des éoliennes était insupportable pour leurs tympans ronflants…

Oui, et alors ? On le saurait si la perfection était de l’ordre de ce monde… En outre, un champ de panneaux solaires est toujours moins sinistre qu’un site nucléaire (sites de production ou sites d’entreposage et de stockage des déchets…) Et puis, un panneau apollonien, au pire ça se déplace sans encombre, contrairement aux cuves des réacteurs nucléaires. Si vous avez suivi les actualités ces temps derniers, vous avez entendu parler de la cuve fissurée du réacteur dernier cri de Flamanville. Ce bijou technologique « nouvelle génération » qui a fait péter le budget de l’État est censé être en circulation courant 2018. Or, avec ses multiples anomalies et sa surfacturation, on est bien loin des prévisions des pontes de l’EDF et du gouvernement.

Ne l’oublions pas, nos centrales obsolètes ne sont pas à l’abri d’une défaillance technique (pièces usagées et non remplacées car trop coûteuses), d’une erreur humaine, d’une attaque terroriste (eh oui…), et plus simplement encore, d’une catastrophe naturelle.

carte-departements-et-regions-de-franceFukushima, ça vous cause ? Certains me diront que les Japonais ont l’expérience du nucléaire depuis les années quarante, qu’ils bouffent du miso à tout-va (vertueux mais pas miraculeux) et qu’ils sont, du coup, immunisés contre la radioactivité. Sauf qu’on n’est pas dans un manga, là-bas, les cancers de la thyroïde (et tant d’autres) ont explosé, surtout chez les enfants. Vous avez vu la gueule des légumes qui poussent aux alentours de Fukushima ? Est-ce notre devenir ? Eh, et puis, ceux qui nous racontent que la radioactivité s’arrête aux frontières sont des Pinocchio en chef… Les champs de force anti-radioactivité n’existent pas. D’ailleurs des traces de radioactivité en provenance du Japon ont été détectées au Canada, comme nous, à l’époque on a écopé des retombées de Tchernobyl… Sans oublier les séquelles des essais nucléaires non loin de nos îles paradisiaques comme la Polynésie Française et ses belles sœurs… Ça n’est pas nouveau, l’homme a toujours été un maître de l’autodestruction… De toute façon, comme ils nous l’expliquent très bien dans la médecine chinoise, tout est lié, isoler les symptômes comme on le fait dans notre médecine occidentale à la solde des pharmacies et de l’industrie ne guérira jamais nos maux… La maladie n’a pas de frontières.

En France, nul n’est à l’abri du nucléaire puisque les centrales sont réparties sur tout le territoire :

http://www.asn.fr/Informer/Dossiers/La-surete-des-centrales-nucleaires/Le-parc-francais-des-centrales-nucleaires

Mention spéciale pour la Normandie et la Provence, deux des plus belles régions de France…Qui a installé ces centrales ? Nos politiques de droite comme de gauche. Qui a voté pour eux ? Nous… parce qu’ils nous ont fait croire que cette énergie invisible était propre et sécuritaire a contrario du pétrole de nos chers amis Emirs and Co.

Donc, si je décide de m’alimenter bio, de ne plus consommer outre mesure de la viande, d’éviter tous les produits transformés par l’industrie, de dénicher des producteurs locaux, de planter moi-même mes salades et mes radis, à l’instar des gars de Détroit qui pratiquent l’agriculture urbaine, de trier mes déchets, de faire gaffe à ma consommation d’eau histoire de ralentir la pénurie qui nous attend d’ici vingt ans, de pédaler plutôt qu’appuyer sur la pédale, d’emprunter l’énergie du soleil plutôt qu’être surfacturé par EDF, je suis censé être pénard, non ?

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Pénard ? Moi ? Tu peux toujours rêver, l’Affreux, si tu penses que faire gaffe à ton environnement et ta santé va t’éviter de goûter par mégarde aux bienfaits du nucléaire, planqués aux portes de Paris…

La solution, c’est quoi ? Et bien, continuer de faire pression sur ceux qui sont censés nous représenter pour assurer le revirement de leurs consciences à la solde des industriels (Areva, Rhône-Poulenc, etc). Continuer de changer nos habitudes alimentaires et penser à l’environnement avant nos envies du moment… Quand on se fait livrer un livre ou un ustensile de cuisine, voire une pièce informatique via les services d’Amazon, on contribue largement à l’émission de particules fines et de CO2 dans nos contrées.

Pour quelques pistes fouillées et informations utiles sur notre environnement, allez zieuter cette page :

http://www.ecomet.fr/V21_dangers_planete.html

Et si un incident nucléaire survenait en France ? On ferait quoi ? On consommerait de l’iode, on enduirait nos corps de la tête aux pieds d’argile (cette terre magique dans laquelle nos industriels enfouissent les radiations parce qu’elle a un pouvoir absorbant), on s’aspergerait d’huile essentielle de Niaouli, cette plante qui protège des radiations, on avalerait comme les Japonais du miso (un mets délicieux, au passage), on vivrait les fenêtres calfeutrées, de préférence au rez-de-chaussée, ou dans une cave pour ceux qui en ont…

Avec tous les films, séries qui nous content depuis des années un holocauste, c’est comme si on y était déjà… On est, inconsciemment, préparés au grand saut sans parachute doré dans les enfers d’une planète hostile pour nos petits corps. Reconnaissons que notre peuple est sacrément pessimiste, tout de même. Car pas l’une de ces séries, et romans (et autres fictions) d’anticipation ne nous apportent une porte de sortie (vous avez vu l’allitération ?)… si ce n’est l’exode dans l’espace, ou s’enfermer dans des bunkers anti-nucléaires.

Cette pensée de fuite loin dans les étoiles est née dans nos cervelles occidentales… On a toujours désiré épater nos prochains, les nations plus pauvres que nous, en construisant des fusées plus grosses que celles des concurrents censées nous amener vers les sols stériles de Mars. Vous avez vu le film, The Martian, avec Matt Damon ? Cultiver des patates sous une serre en flippant qu’un vent hostile balaie votre garde-manger et vous, au passage, ça vous tente ? Sinon, on peut toujours aller se planquer dans la crypte archéologique de Paris, à l’instar des Morlocks londoniens de H.G. Wells ?

Ne soyez pas étonnés, si après ce premier billet mal luné, vous avalez de travers votre steak baveux.

Et moi et mon affreuse gueule, ont fait quoi de notre côté, hormis donner des leçons ? Et bien, on applique dans nos quotidiens tout ce que je préconise dans ces lignes en priant qu’une centrale ne joue pas des claquettes dans les prochaines années… On fait gaffe à ce que notre mode de vie ne bousille pas notre planète et nos voisins… Et même si, à l’échelle planétaire, notre rôle est ridicule, si tout le monde prenait conscience de son impact sur l’environnement, plutôt qu’à son prochain téléphone portable (jetez un œil sur cette page et, peut-être ralentirez-vous votre consommation : http://future.arte.tv/fr/le-lithium-source-dinegalite-et-de-pollution), on pourrait, enfin, commencer à panser, ensemble, les plaies de notre planète…

Vous trouverez ci-dessous quelques documentaires qui vous expliqueront mieux que moi ce grand bazar environnemental, même si, tous ont tendance à se la jouer militants sur les bords (moi aussi ? Ah…Fuck !)

http://www.youphil.com/fr/article/04868-10-documentaires-ecolos-climat-?ypcli=ano^

Celui de Mélanie Laurent (pour ceux qui la supportent) et de Cyril Dion n’est pas mal non plus :

https://www.demain-lefilm.com/

Allez, promis, le prochain billet sera plus léger…

Lunatiquement vôtre,

L’Affreux, sinon rien…


Des mots produits par la plume lunaire d’Arnaud Delporte-Fontaine illustrés par Bertille Delporte-Fontaine

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