Conversation 3 : Bertille des Fontaines, qui es-tu ?

conversations-abokPour cette troisième conversation, à l’occasion de la sortie de son premier single A la dérive (clip à (re)voir, ici), je vous propose une virée dans les coulisses musicales de ma compagne, Bertille, désormais « des Fontaines ». Je vais tenter d’éclairer pour vous son avancée sur la scène musicale, et de lever le mystère sur ses origines. Minuit sonne, le moment est venu d’activer la machine à questions :

A : Bertille, je me demandais, et d’autres se poseront sans doute la question, quelle est la différence entre « Bertille Delporte-Fontaine » et « Bertille des Fontaines » ? Es-tu musicalement schizophrène (à l’instar de Gainsbourg et Gainsbarre) ou bien à tendance super-héroïque (telle la princesse Diana et Wonder Woman) ?

B : Il n’y a pas de différence entre ces deux identités. Je suis une seule et même entité : Je parle juste de moi à la troisième personne, plus souvent (voilà que de « Romyenne », je deviens « Delonnienne »…) Plus sérieusement, bien avant de te rencontrer, j’avais déjà envie (comme tu le sais), en guise de nom de scène, de trouver une appellation métaphorique, voire métonymique : une « Bertille des » quelque chose… Après notre rencontre, « Fontaines » a coulé (à l’instar de « Manon des sources ») naturellement de source (provençale, à l’égal). Je suis devenue figure de style. Et puis, la fontaine, c’est les nymphes, sources d’inspiration des poètes en passion. Je me sens l’âme à la fois muse et poète, en somme, je m’amuse. Alors, oui, j’aime l’idée du lieudit dans ce baptême, il porte la liberté et le mystère. Ça me rappelle, sans doute, les troubadours occitans, dont on ne connaissait jadis pas trop les origines et qui traçaient leur route en jouant leur fin’amor mélodique. Ça sied parfaitement à mes pieds d’apatride. La fontaine, c’est la jouvence, la régénérescence, l’essence même de l’immortalité… Je viens de rien, je surviens de n’importe où et nulle part. Je ne suis pas une fille « de », je suis une femme « des ». Mon arborescence s’est déracinée avec les années et s’abreuve désormais, à la source. Une femme (des) fontaine(s) qui chante l’amour troubadour (la tienne, qui plus est).

A : Trêves de questions identitaires. Depuis quand nourris-tu cet univers musical ? Ça remonte à tes jeunes années sur les planches théâtrales ?

B : Je suis un corps de création et de passion, je me suis montée de toutes pièces (musicales ou théâtrales). J’ai toujours chanté, dansé, joué, inventé, interprété, incarné… Concernant la chanson, ces airs qui me détiennent sont devenus oxygène d’avant(ou d’arrière)-scène. Je ne me souviens pas d’un jour, d’une nuit, sans avoir été entêtée par la tentation de création, tous arts confondus. Il n’y a pas de frontières à l’art quand l’art doit impérativement s’autosatisfaire, tel un parasite qui suscite tous les sens, suçant sans cesse, sans trêve, la sève de l’hôte qui l’habite. L’art (gros mot/maux pour les cochons) est une aliénation. C’est l’ultime épreuve à l’œuvre. C’est un mode de vie infernal, non une mode raisonnée qui a été banalisée (à tort) par la vie. La passion est une croix, je ne comprends pas ce que la majorité des gens qui en est dénuée envie à ça.

A : Tu as choisi, nous avons opté (eh oui, on bosse ensemble pour le meilleur et pour le pire), pour une sortie solo de ton alias « des Fontaines », parce qu’on a pensé qu’il était désormais plus simple et plus rentable de se lancer musicalement sans le lourd carcan délétère des maisons de disques rayés. Tu penses que nous allons parvenir à toucher un plus grand nombre de gens en proposant tes titres via les distributeurs digitaux ou bien on se plante carrément (et du coup on vogue « A la dérive ») ?

B : Je ne sais pas si je vais toucher le plus grand nombre… Mais si j’en touche déjà un, mon but est atteint. A la dérive est une œuvre libre et sincère, brute et non marketée, une échappée belle des flots argent des labels. Que vogue le navire. Que sera, sera.

A : Ton premier titre diffusé, « A la dérive », précurseur d’autres surprises à venir, est nostalgique, onirique et mélancolique. Est-ce qu’il reflète tes états d’âme ? Ou bien ton humeur ? Pourquoi ne pas avoir opté pour un single plus joyeux pour débuter ta carrière musicale (moi je sais, mais eh, pensons à tes auditeurs à venir !) ?

B : A l’ère où l’on erre, il n’y a pas matière à se réjouir. Il y a longtemps que la tragédie en moi a pris le pas sur la comédie. Quoi que la comédie humaine (au sens primitif du terme) soit un théâtre nutritif à terme.

A : Je pense que beaucoup de jeunes personnes, notamment les ados esseulés (d’un coup, j’ai un flash de l’excellente série Thirteen Reasons Why) se retrouveront dans ton univers habité, fragile et sincère. Tu as un mot à transmettre à la jeunesse ?

B : Ne laissez pas échapper vos rêves de l’attrape-rêves. Ne laissez rien ni personne faire barrage à vos fleuves d’œuvres. Si vous ne pouvez vivre sans créer, créez votre vie à la mesure de votre nature, sans compromis ni demi-mesure, quitte à survivre pour toujours, ou sinon, passez votre tour.

A : Moi, je suis accro à toi et ta musique, forcément, nous sommes, je le disais plut haut, unis (dans la vie comme dans le travail). Mais, en même temps, casse-burnes comme je le suis, j’aurais pu te dire un truc très sympa du genre : « arrête tout de suite ces conneries cantabiles, range ta guitare et cesse de me les briser avec tes airs à la con pas inspirés… » Pourtant, à l’instant où tu m’as fait l’honneur de me laisser écouter tes premières compositions (à l’aube de notre rencontre en 2010), j’ai tout de suite été happé par ton univers musical, unique et poétique. Et pourtant, dieu sait que j’en ai côtoyé des « cons » à guitare… HA HA HA… Tout ça pour dire, que je suis persuadé qu’il y a une place pour une artiste self-made-woman, multi-cordes, et muse d’elle-même, telle que toi. Euterpe peut aller se rhabiller, non ?

B : Je prends cela comme un compliment, qui me va, comme ta main, comme un gant.

A : C’est sûr que tu vas en énerver plus d’un, avec ton auto-suffisance sans complaisance. Mais, eh, c’est le mal que je te souhaite, au moins, on saura que Bertille des Fontaines vise et joue juste.

B : Ce n’est pas ma faute ! Un feu damné m’a mise, nouvelle-née, au bûcher de la création. Depuis ce jour infernal de janvier, mes cordes et plumes se consument sous cet ardent costume. C’est un brin agaçant, le grain de l’arrogance (cousin des raisins de la colère), je le reconnais, mais au fond, c’est plus excitant, intrigant voire troublant qu’il n’y paraît. L’arrogance impudique sert d’armure à mon âme pudique.

A : Deux-trois mots (et plus si affinités) sur tes morceaux à venir…

B : Ce sont des airs à deux, trois temps, insufflés en valses emportées, ou airs inspirés. Je chante l’amour et ses scènes, où il est toujours question de vie ou de mort à deux pas de la Seine. La vie, la mort sont les seules vérités sur lesquelles l’on peut compter. Entre ses deux sœurs de sang, l’amour fait le lien, c’est là que mon cœur intervient.

A : A l’approche de scènes et autres événements à venir, est-ce que tu sens l’adrénaline monter ?

B : Tu veux dire que je devrais être terrorisée au lieu de théoriser ?

A : Allez, je clôture ici-bas cette conversation afin de préserver le mystère qui auréole ta personne (le mystère fait vendre, vous ne le saviez pas ?)

B : Le mystère est une terre féconde à l’eau fertile des Fontaines.

Bertille des Fontaines, à suivre sur Internet et dans vos casques…

Retrouvez en parallèle la critique d’Arnaud du premier single de Bertille des Fontaines, A la dérive, ici, dans notre rubrique « Coups de ♡ ».

En savoir plus sur A la dérive et tous les singles de Bertille des Fontaines? C’est par, ici, dans notre rubrique « A ouïr ».

À suivre…


Arnaud & Bertille Delporte-Fontaine

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