Une saison en enfer

Arthur Rimbaud prend la prose au mot, et signe dans ce Gazette mai 06recueil, berceau et cercueil de son esprit illuminé et incarné, un chef-d’œuvre absolu, hors des sentiers battus, hermétique pour le Rimbaldien néophyte, hypnotique pour celui plus averti.

Un livre (non de chevet) mais de chevauchée fantastique à emporter en tout temps et de toute urgence, à chacun de ses transports, pour un instant, hors du commun, d’excellence.

Baptisée par le sang de Verlaine comme « prodigieuse autobiographie psychologique écrite dans cette prose de diamant qui est la propriété exclusive de son auteur » cette saison en enfer s’impose au monde, telle une cinquième saison sublime et subliminale, une saison entre Spleen et Idéal, se hissant entre l’automne et l’hiver. Au travers des poèmes  Jadis, Mauvais sang, Nuit de l’Enfer, et autres Délires jusqu’à l’Adieu, Rimbaud déverse à verse ses versets, entre réflexions averties et rêveries avérées, renversant ses cinq sens, étirant toutes ses expressions jusqu’à leur paroxysme, explorant ce parcours intérieur, qui se dévoile au fil de mots, initiatique et saisissant.

rimbaudS’esquisse entre sa verve verte, un génial éphèbe élevé au-dessus de la plèbe, misanthrope libertaire, pieds nus et poches trouées, battant le pavé et fauchant ses fleurs, décomptant sur ses fresques pittoresques les voyelles en couleur, composant une pensée libérée de toute culture, de toute théorisation, de tout sens ou raison, délivrant ainsi ses Illuminations

Ce Roi Arthur, ce voyant souverain, visionnaire incompris par ses pairs, aux idées révolutionnaires, aux passions déferlantes et incendiaires, ose, dans cet ouvrage autoédité, un de ses plus beaux textes, jamais jusqu’ici encore égalé.

Une saison en enfer. Arthur Rimbaud/ Préface Louis Aragon/ Le Temps des Cerises


Bertille Delporte-Fontaine.

 

 

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