Siddhartha

siddhartaLITTLE BUDDHA.

Ceux qui feuillettent mes chroniques sur Brazil, savent que je ne lis plus que des auteurs trépassés ou pas loin d’y passer, avec en tête du peloton des illustres disparus, le solitaire Hermann Hesse.

Pour ce premier livre, j’ai opté pour un écrit coule qui de source avec mes humeurs, le roman Siddhartha, chef-d’œuvre du « loup des steppes ».

Paru en 1922 en Allemagne, ce roman initiatique est le résultat d’une inspiration croisée entre Gautama et le Bouddha d’origine. Il conte, avec onirisme et philosophie l’itinéraire d’un jeune brahmane bien né qui va quitter son port d’attache pour vivre mille existences. L’homme va s’essayer à toutes les voies que propose sa destinée et naviguer entre les eaux spirituelles et matérialistes de sa réalité. Il va rencontrer sur sa route les plaisirs des sens, du négoce, la faim, l’opulence, l’amour-propre, le don de soi, jusqu’à l’illumination ultime. Ce livre est une leçon de vie qui démontre avec sagesse et humour qu’avant de se connaître soi-même et de trouver sa lumière (un petit cliché ne fait pas de mal) il faut expérimenter et s’aventurer dans des sentiers parfois obscurs. On ne vient pas au monde bon ou mauvais, on expérimente ces aspects de l’humain, et puis, au final, on choisit, seul devant son miroir qui l’on veut être.

Ce livre ne fait pas l’apologie d’une religion (qui n’en est pas une) ou d’une doctrine tyrannique, ce n’est pas non plus un outil de propagande. N’oublions pas que le Bouddha, le vrai, la source d’inspiration de ce livre, n’a jamais vendu une réincarnation future ou promis des monts étoilés paradisiaques ou des gouffres enflammés à ses compagnons de route, loin des considérations matérielles, il prônait l’illumination de nos êtres au cours de nos existences. Simplement.

Siddhartha, c’est une fiction humaniste et éclairée, un compagnon des prémices de la vie et des crépuscules solitaires qui répond présent dans le meilleur et le pire des mondes.

Siddhartha, de Hermann Hesse, Le Livre de poche, 217 pages, 4,90 euros.


Arnaud Delporte-Fontaine