Ride the wild surf ! & Miki Dora

Entre deux vagues avec Alain Gardinier

N’est pas Silver Surfer qui veut.

Avec son pavé Ride the wild surf !, Alain Gardinier aka le prince des mers, nous conte les tribulations de surfeurs qui ont marqué leur génération. Les destins, mais surtout les univers de pas moins de dix rois de la vague sont présentés dans ce livre aussi passionnant que bouleversant.

L’auteur nous montre avec intelligence comment derrière la vision libertaire du surf se terrent bien des dangers, bien des routes désaxées. Et c’est justement parce que ces aventuriers des flots n’embrassent pas la vie comme le quidam, se lèvent le matin pour gagner le grand bleu et non endosser le bleu de travail qu’ils nous fascinent tant, nous, les esclaves du personal computer entrepreneurial.

Gardinier aura côtoyé pas mal de ces gaillards, aura mouillé sa planche en la compagnie de nombre de ces voyageurs de l’extrême. Il nous dépeint dans son livre avec sincérité et compassion les itinéraires pas franchement gâtés, mais toujours surprenants, parfois loufoques, souvent accidentés, de ses comparses glisseurs…

Le rideau livresque s’ouvre avec Jack Murphy, surfeur le plus recherché des États-Unis pas franchement fan des sixties ; il s’enchaîne avec le surf-tripper, Peter Troy, le type qui a lâché l’ennui de la compta pour la jouissance de la vague ; se poursuit avec Rick Rasmussen aussi accro à l’héro qu’aux eaux des océans ; suivent les frères Berque et leur gémellité à la vie à la mort ; le hawaïen, Tom « Pohaku » Stone et ses planches Papa Holua, conçues par himself ; vient l’insolite clan Paskowitz, la famille troubadour qui ne vit que pour le surf ; arrive Michael Peterson, le surfeur égaré en eaux troubles ; on continue avec Peter Drouyn, beau gosse au parcours métamorphosé ; l’odyssée prend fin avec Bunker Spreckels qui, à l’instar de Jim Morrison aura cramé prématurément sa vie.

Loin des clichés du film éponyme, Ride the Wild Surf, sorti en salles en 1964, dans lequel le surf fleure bon l’amour-pacotille, ce livre délivre un portrait sans concession mais bienveillant de ces types qui ont accompagné nos songes marmots.

Ride the wild surf !, Alain Gardinier, Atlantica Éditions, juin 2016, 312 pages, 21 euros.


Le monde est plein d’idiots, c’est pourquoi je n’y vis pas » Miki Dora.

Véritable incarnation de la contre-culture du surf, Miki Dora, de son vrai nom, Miklos Sandor Dora III, l’inclassable énergumène des mers, l’arnaqueur-surfeur de génie des années 1950-1960, aura influencé outre ses compères planchistes, les stars James Dean et Marlon Brando, qui ont cherché à émuler sur grand écran ce qu’il était dans la vie.

Comme l’écrit Gardinier, il est difficile de classer ou percer à jour cet homme mi-surfeur, mi-roublard, épicurien-solitaire, paranoïaque escroc sur les bords, sympathique le matin, antipathique le soir, bref, une contradiction sur pattes et, dans les pattes, un talent incontesté. Un maître des vagues, insoumis à l’autorité, aux codes sociétaux, qui a surfé toute sa vie sur la vague de Kerouac et emprunté des routes houleuses à la petite semaine.

Au succès normé qui aurait dû être le sien, Miki a opté pour une vie déliée de tous contrats, loin des spots people et friandises en tous genres, et a poursuivi tout au long de sa vie la quête de sa vague à lui, pas celle des touristes et des lieux-dits.

L’auteur qui aura « accueilli » Miki, sur sa côte basque à l’époque de son exil des States (et de ses ennuis judiciaires. Dora était poursuivi par le FBI pour de multiples fraudes, larcins, etc.), dresse un portrait intimiste, humain, parfois hermétique, parfois à livre ouvert, d’un libertaire patibulaire qui a pourfendu avec sa planche les conventions de l’establishment.

« Dora rules ! » forever.

Miki Dora, Alain Gardinier, Atlantica Éditions, juin 2013, 336 pages, 21 euros.


Si vous souhaitez surfer davantage en compagnie d’Alain Gardinier :
http://www.alaingardinier.com/

Les potes recommandés par mister Gardinier :
http://www.alaingardinier.com/liens-amis/

Gardinier surfe sur les ondes :
https://www.francebleu.fr/emissions/surf-me/pays-basque

Gardinier présente Miki Dora :
https://www.youtube.com/watch?v=sf8eO-cu4lI

Miki Dora en live :
https://www.youtube.com/watch?v=tchHtWNZkDE

Enfin, bonus nostalgie, avec Patrick Swayze devant l’éternel dans Point Break :
http://www.imdb.com/video/screenplay/vi3766485273

Retrouvez en parallèle mon interview « la bride sur le cou » avec Alain Gardinier, ici, dans la rubrique « Les Parisiennes » « Rencontres & Entretiens ».


Arnaud Delporte-Fontaine

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