L’art subtil de s’en foutre

L’art subtil de s’en foutre plein les pognes…

Et en matière de monétisation sur les emmerdes de nos quotidiens mal ventilés, Mark Manson, le bloggeur américain super star, a tout pigé ! Le type plus malin qu’un aigrefin nous file avec son livre, L’art subtil de s’en foutre, toutes ses ficelles usées (on appelle ça l’expérience) pour optimiser nos problèmes qui n’en sont pas, atténuer le pathétique de nos vies merdiques, nous sortir de nos ambitions minables, comme gagner plus d’argent que notre voisin qui tond sa pelouse tous les dimanches à midi.

Qui est Mark Manson ? Un fils caché du gourou fan des sixties ? Ou bien un fils de rien ? Optez pour la seconde réponse, Mark est un amateur, comme vous. Un jeune gars qui, à force de vouloir faire comme tout le monde n’arrivait pas à être heureux et vivre bien, dans le meilleur des mondes (ça n’est pas Voltaire qui me contredira). Alors, Mark, lassé de ne se manger que des vents nauséabonds et des portes dans la tronche a décidé de faire fléchir sa ligne de vie toute tracée (de changer le cap de son destin pour faire court), et choisit de vivre tel qu’il aurait aimé être, et non pas tel que la société aurait voulu qu’il soit (ce bourrage de crâne commence dès le plus jeune âge sur les bancs de l’école à formatage qui ne souhaite pas que vous trouviez un job, mais que vous vous fondiez dans le moule sociétal entrepreneurial, une façon comme une autre de voler votre liberté de penser pour que les patrons de la planète continuent de faire tourner la machine à billets en paix).

Mark surfe sur la vague d’un truc à la mode ces temps-ci qui s’appelle le « développement personnel ». Moi qui pensais que j’étais développé depuis la fin de ma puberté, je me suis complètement planté.

Le développement personnel, c’est quoi :

Voici la définition que j’ai trouvée sur les pages désormais incontournables de Wikipedia (des malins aussi, ceux-là) :

« En psychologie, le développement personnel représente un ensemble de courants de pensées et de méthodes1 destinées à améliorer la connaissance de soi, à la valorisation des talents et potentiels3, à l’amélioration de la qualité de vie, à la réalisation de ses aspirations et de ses rêves4. Le développement personnel n’est toutefois pas considéré comme une psychothérapie même s’il peut y participer. »

Vous l’aurez compris, c’est une nouvelle forme de psychothérapie, moins les « psys ». N’importe qui peut s’octroyer le titre de « gourou du développement personnel ». Je suis, moi-même tenté, avec toutes mes mauvaises expériences, j’aurais un paquet de ficelles à refiler à ceux qui n’arrivent toujours pas à dénouer leurs lacets.

Mark, dans son livre, nous raconte comment il est devenu un bloggeur richissime sans pour autant se fondre dans le moule d’une entreprise. Parce que Mark (comme nous tous, hypocrites) hait la servitude imposée par les banquiers qui nous dirigent. Le profit ça mène à quoi, sinon à un cancer du côlon ? Se faire livrer par voie aérienne une Piña Colada au beau milieu du Sahara, ça sert à quoi sinon à surchauffer inutilement notre ego mal embouché et notre planète mal ventilée ? Tous les jours ton foie crie à la crise, et pourtant tu continues de le gaver de gras. Ça te servira à quoi d’avoir tous les meilleurs mets et biens du monde quand tu ne pourras plus te lever pour les consommer ?

Voilà, somme toute, le message que nous transmet, l’ami Mark, qui, depuis qu’il a pris conscience de sa propre mortalité a cessé de bouffer la vie comme un gros angoissé rabelaisien. Aujourd’hui, il vit, et c’est mieux.

Retrouvez ses dernières pensées sur :

https://markmanson.net/

Et son livre sur :

http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/l-art-subtil-de-s-en-foutre-9782212567595

L’art subtil de s’en foutre, conseils avisés signés Mark Manson, Eyrolles, juin 2017, 190 pages, 14,90 euros.


Arnaud Delporte-Fontaine

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