Barbara

À l’occasion des vingt ans de la disparition de la « longue Dame brune » et de la pénombre de sa voix inoubliable et indissociable de sa plume, les éditions Textuel présentent (ô joie !) en parallèle de l’exposition  Barbara (la belle) qui a lieu Porte de Pantin (la bleue), jusqu’au 28 janvier 2018 à la Philharmonie de Paris, au cœur de la Cité de la Musique (article ici), un recueil écarlate d’une kyrielle de clichés d’une rare intimité de l’artiste baroque aux mille reflets, immortel diamant noir, de la chanson française.

Ces instants saisis par l’un de ses (rares) compagnons de route de la première heure, Jean-Pierre Leloir (célèbre photographe,  de Piaf à l’Aigle noir, à qui l’on doit notamment, la prise de vue du trio Brel, Brassens, Ferré) sonnent un « La » précurseur du parcours initiatique de l’artiste iconique et de son chasseur d’images argentique. Ensemble, de clichés entichés, de poses en proses, les deux alliés ailés vont tracer leurs routes étoilées, et passer en un battement d’aigle du noir au blanc.

Ce livre que l’on a envie d’emporter partout avec soi, comme un grigri en soi, entremêle des séries de photos de la jeunesse de l’artiste, jusqu’au zénith de sa piste, soulignées avec poésie et esprit par les textes de Laurent Balandras qui revêt pour un temps les pans de l’Homme en habit rouge, lisiblement inspirés par les splendeurs d’âme de la grande Dame en charme. Construit comme une succession de longs plans séquences, l’on suit la chronologie d’anthologie de Barbara Brodi, de 1959 à 1986, du Bois de Boulogne aux Buttes Chaumont,  de Bobino à Lili Passion, avec un plaisir non dissimulé, de voir pages à pages, se bâtir Barbara, personnage poétique, envoûtant, aux postures de Liberté sauvage.

Cet écrin écarlate renfermant la quintessence de Monique Serf, jusqu’à la naissance de Barbara mi-louve mi-aigle mi-cerf, donne à l’artiste, au vingtième anniversaire de son trépas à bascule, une énième renaissance en majuscule.

BARBARA photographies de Jean-Pierre Leloir. Textes de Laurent Balandras, les éditions Textuel, parution 6 septembre 2017, 19,90 euros.


Bertille Delporte-Fontaine

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