Transmetropolitan

Adeptes de Hunter S. Thompson, du journalisme gonzo, d’alcool, de drogues, de trips et de scandales, vous avez aimé Raoul Duke, le journaliste déjanté de Fear and Loathing in Las Vegas ?

Vous adorerez Spider Jerusalem, le trublion over-drogué de Transmetropolitan, l’excellent comic-gonzo signé par le très décalé Warren Ellis, et illustré par l’allumé Darick Robertson. Enfin un comic book sans super-héros qui nous transporte plus loin que les envolées capées de Superman.

Avec sa verve, sa fuck attitude, ses néologismes tarabiscotés et colorés, le héros nous offre une critique vive et acerbe de sa société plus haute en couleurs, tu meurs. Durant cinq ans (temps de la publication de la série), son antihéros, Spider Jerusalem flanqué de ses deux assistantes Channon et Yelena, aussi sexys que casse-bonbons, et d’un chat mutant friand de cigarettes russes, mène un combat intraitable contre les malfrats qui se donnent bonne figure dans la société. Avec son costard noir et ses lunettes rouges et vertes vissées sur le pif, il s’attaque les couilles à l’air, à visage découvert au président des États-Unis himself, un pourri de chez pourri plus si caricatural que ça de nos jours au vu des dernières élections américaines, tandis que ses confrères plumitifs ont vendu leurs plumes aux plus véreux. Menaces, oppression, drogues, utopies parallèles et cocktails explosifs s’entremêlent dans l’univers foisonnant de Transmetropolitan, une dystopie en passe de devenir réalité. À philosopher et consommer sans modération…

Transmetropolitan, Warren Ellis au scénario et Darick Robertson au dessin, Vertigo/ DC comics, 1997-2002, 60 tomes en V.O, prix variable selon les libraires.


Arnaud Delporte-Fontaine