Tarzan

I am the king of the jungle !

Avec la réédition des aventures de Tarzan, période Russ Manning, Graph Zeppelin, cet éditeur qui ose mettre en avant et avec prestige des héros parfois oubliés ou mal exploités par leurs prédécesseurs en France, nous offre la chance de savourer les péripéties de « Peau blanche », alias Tarzan, le seigneur de la jungle. Une série de quatre volumes déclinant l’intégrale du travail de Russ Manning voit donc le jour chez l’éditeur, à commencer par ce premier opus qui comprend les années 1967 à 1969 et près de 650 strips, sortis, à l’époque, au rythme quotidien et hebdomadaire.

Russ Manning (1929-1981) aura œuvré sur Tarzan de 1967 à 1979. C’est son classicisme, son élégance, la finesse de ses traits, ses tableaux somptueux et luxuriants de la jungle, son respect de l’œuvre de Burroughs, ses idées libertaires, ses engagements, son humanité, et sa tolérance (ouf !) qui vont l’établir comme l’une des figures de proue de l’homme singe, à l’instar d’un Joe Kubert qui, par la suite adaptera également Tarzan en comic book.

Graph Zeppelin, éditeur spécialisé dans les éditions de luxe et des pépites introuvables, ramène sur le devant de la scène du 9ème art des personnages issus de l’âge d’or de la bande dessinée américaine, ou de temps plus reculés encore, et son lot de héros cultes (White Sand, ça vous cause ? Notre chronique à lire, par ici) qui méritent un sacré coup de projecteur ! On retrouve dans leur catalogue des titres aussi surprenants qu’alléchants, avec son lot d’héroïnes musclées, tendances ces jours-ci,  telles : « Vampirella », « Queen Sonja », « Danger Girl », « Jungle Girl », ou encore la singulière, « E.V.A »,  avec en bonus, d’autres légendes des contrées oubliées aux dents bien aiguisées : « Dracula », en personne.

Mais revenons à notre Roi de la jungle et ses aventures verdoyantes que l’on (re)découvre avec joie, ici. Dans ce premier tome, donc, notre Lord Greystoke (qui préfère le slip en peau de léopard à la queue de pie nobiliaire) en voit de toutes les couleurs et affronte mille dangers aussi extraordinaires qu’époustouflants : entre les grands-singes en quête de nouveaux territoires, la cité perdue d’Opar et ses vilains prêtres qui veulent sacrifier la belle Jane à un dieu solaire pour d’obscures raisons, toute une ménagerie incluant de bien singuliers dinosaures, notre athlétique héros, polyglotte de surcroît (qui cause admirablement le langage grand-singe, lexique en fin de volume.1), dépouillé des artifices de la civilisation, flanqué, parfois, de Korak, son fidèle fils, n’a guère le temps de pousser son célèbre cri.

Allez, on le tente, en hommage à Johnny Weissmuller, l’interprète de Tarzan au cinéma en 1932 : «oh-iih-oh-iih-ooooh-iih-oh-iih-ooooh.»

Une intégrale « enlianée » à déshabiller sans rougir ni tarder !

Graph Zeppelin, c’est par ici :

https://fr-fr.facebook.com/GraphZeppelin/

https://www.originalcomics.fr/2501-graph-zeppelin

Un lien fort sympathique à propos de Russel Manning:

http://www.erbzine.com/mag8/0830.htm

Tarzan, L’intégrale Russ Manning, volume.1, 1967-1969, scénario et dessins de Russell Manning d’après l’œuvre de Edgar Rice Burroughs. Graph Zeppelin. 288 pages. 40 euros.


Arnaud Delporte-Fontaine