Snoopy et le petit monde des Peanuts

Snoopy, Strip, Schulz

Parce que le Calimero, Charlie, et son chien taquin, Snoopy, ont ravi mon gamin, je me devais d’évoquer dans ces rubriques dessinées les péripéties de ce duo comique.

Qui ne s’est pas dilaté la rate en lisant les facéties du chien le plus connu du monde, Snoopy ?

Il faut dire que son créateur, Charles Schulz, a donné de son temps pour cueillir pendant près de cinquante ans nos rires endiablés. Le père de la série Peanuts a, en effet, concocté chaque matin depuis 1950 jusqu’à 1999 sans relâche et interruption jusqu’à sa mort en 2000 son célèbre comic strip. En 1999, frappé par la maladie, il annonce une retraite forcée et non désirée. Lui, aurait volontiers continué à narrer les aventures du guignard Charlie Brown et de l’extravagant beagle Snoopy jusqu’à la fin des temps.

Delcourt réédite en albums les Peanuts sortis le dimanche (le seul jour où le strip pouvait occuper une pleine page dans un quotidien) et nous offre, ainsi, dans son intégralité, l’humour décalé, absurde et attachant de cette drôle de comédie humaine.

Avec son comique de répétition, chacun des personnages de la série va se confronter à ses singularités, et se retrouver plongé dans des situations toujours plus cocasses.

Charlie (prénom coup de cœur des Chroniques des Fontaines), le héros contrarié de cet univers, n’arrive jamais ou presque à concrétiser ses actions, comme parler à la petite fille aux cheveux roux qui fait palpiter son petit cœur. Son pote, le chien Snoopy, grand philosophe perché sur le toit de sa niche, le conseille du mieux qu’il peut quand il ne fomente pas une revanche contre le chat du voisin, ou combat le célèbre Baron Rouge… Lucy, la psy acariâtre, plus avisée tu meurs, fait payer ses mauvais services au malchanceux, Charlie, tandis que Schroeder, le Gontran Bonheur de la série, pianiste de génie ?!? fait comme il peut pour éviter les avances balourdes de l’aliéniste enragée…

Peanuts, c’est un savant mélange de situations cocasses et de réflexions sur les aléas que réserve la vie dans lesquelles chacun peut trouver sa niche. C’est surtout le sublime condensé des névroses de notre société moderne. Avec ses enfants, mini-nous mêmes, capricieux, revanchards, vicieux et pervers, le comic est un reflet sans concession des adultes censés être exemplaires pour ces kids en devenir…

De la bonne critique sociale à consommer avec mordant !

Snoopy et le petit monde des Peanuts, scénario et dessin de Schulz, Delcourt, juin 2016, 128 pages, 15,50 euros


Arnaud Delporte-Fontaine

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