Recettes de printemps : Les sept nymphes

L’encre des dieux se diluait dans la belle aquarelle pastel. Des arcs-en-ciel révérencieux se distinguaient par touches. Les nuages drapés de soie veloutaient l’horizontalité des lieux. Je me laissais planer béatement, au hasard des vents, bercée des premières lueurs du jour. J’avais repris ma route. Le printemps en pointillé se dessinait sous mes ailes. Au loin, les contours du palais se dissipaient peu à peu. Le beffroi m’avait accompagnée de son air solennel, puis s’était tu. Isacendre et son Ardan chevalier tissaient avec ferveur les liens éternels du parfait amour. Les anges, doux messagers de leurs vœux, ne cessaient d’en disperser les flèches à mille lieues à la ronde. L’ère des jours heureux débuta. Rien ne laissait présager pourtant qu’au retour de l’hiver, les larmes d’Isacendre se répandraient à nouveau, transformant dans ses flots, la terre en glacier, laissant le bel Ardan éploré à son chevet. Ainsi chaque année, les bien-aimés, dans l’emprise de la glace, hivernaient, se réchauffant de leurs âmes, en espérant ardemment le retour des beaux jours pour se retrouver. L’hivernale faucheuse avait trouvé l’icône dans laquelle se mirer : Isacendre, Marquise des neiges, fut alors sacrée.

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