Des cœurs ordinaires

Des cœurs pas si ordinaires que ça

Catherine Locandro, qui manie l’intime comme personne, revient avec un nouveau roman à la tranquillité illusoire. Nulle action extraordinaire ne se joue dans cet opus, si ce n’est le quotidien d’un quelconque « trio » parisien. Et pourtant, au-delà de cette quiétude, se déroulent et s’emmêlent, sans retour possible, les fils des destins de Gabrielle, Sacha et Anna, les protagonistes Des cœurs ordinaires

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Ira Dei, tome 1, L’or des Caïds

Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, ni fade adulateur ni parleur trop sincère. Et tâchez quelquefois de répondre en Normand. » Jean de La Fontaine

Ira Dei, enfin une bande dessinée qui nous offre une épopée normande pas piquée des hannetons. Enfin, une bd digne de ce nom qui ose mettre en scène le jusqu’au-boutisme normand, et ses guerriers au sang de glace. Le décor ? Non pas les banquises givrées des Vikings, mais le bassin méditerranéen et ses épices aussi délicieux qu’empoisonnés. L’époque ? Le onzième siècle, là où les peuples croisaient le fer pour conquérir des territoires et des passions nouvelles. Le héros ? Tancrède. Un tempérament normand « qui sait prendre la rivière comme elle va », comme diraient les Scandinaves. En d’autres termes, un antihéros qui attend son heure pour asseoir son ambition et se venger de ceux qui ont souillé son honneur (en réalité, il est bien plus qu’un guerrier sanguinaire, il est… bip, alerte anti spoiler). Flanqué d’Étienne, un moine fort peu recommandable, Tancrède va rapidement laisser son empreinte glacée sur les terres torrides de la Sicile. Un tome 1, qui joue son va-tout… A suivre dans un tome 2 qui conclue ce premier cycle.

Ira Dei, tome 1, L’or des Caïds, scénario de Ronan Toulhoat, dessins de Vincent Brugeas. Éditions Dargaud.13,99 euros.

ADF

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Will Hunting, DANS LA PEAU

Je m’appelle Will. Will Hunting, décodez SVP : « volonté de chasser ». Ma vie, en abécédaire, la voici : « Baston, Baseball, et Bière ». Ce sont mes trois plans « B » sur la comète-terre, sans carrière, je les suis à la lettre, et j’en suis fier. Mon bastion est Boston Sud. Je me suis fait tout seul. Je trace ma route sans regarder en arrière. Je me fiche d’où je suis né, ou ce qu’il s’est passé par le passé (mon passé, je l’ai passé sous X). Je suis juste un fils de rien, et ça me va bien. Je peux réinventer mon identité à loisir, et recréer à la demande  n’importe quel souvenir. Je vis le présent sans penser à hier ou à demain…

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Entretien « plaisir des sens » avec Valérie Cupillard

ADF : C’est au contact de la nature, le potager de votre jardin plus exactement, que tout a commencé pour vous. Contez-nous la suite, vos premières expériences culinaires biologiques, sans gluten et sans laitage ?

Auteur Terre Vivante 0475Valérie C : Effectivement tout a commencé grâce à un potager…bio, créé par mon mari quand nous avions une vingtaine d’années. C’est d’abord grâce aux saveurs des variétés anciennes de légumes et fruits du jardin que j’ai développé l’écriture de mes recettes. Les récoltes étaient belles, cela stimulait mon imagination pour inventer différentes façons de les cuisiner ! Du jardin bio, je suis passée à l’épicerie bio, j’ai ainsi découvert les purées d’oléagineux, les laits végétaux… C’était un champ d’exploration passionnant au niveau des textures et des saveurs. D’autant plus qu’à l’époque j’étais sensible aux laitages et donc particulièrement attirée par les alternatives végétales.

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Recettes de printemps : Les sept nymphes

L’encre des dieux se diluait dans la belle aquarelle pastel. Des arcs-en-ciel révérencieux se distinguaient par touches. Les nuages drapés de soie veloutaient l’horizontalité des lieux. Je me laissais planer béatement, au hasard des vents, bercée des premières lueurs du jour. J’avais repris ma route. Le printemps en pointillé se dessinait sous mes ailes. Au loin, les contours du palais se dissipaient peu à peu. Le beffroi m’avait accompagnée de son air solennel, puis s’était tu. Isacendre et son Ardan chevalier tissaient avec ferveur les liens éternels du parfait amour. Les anges, doux messagers de leurs vœux, ne cessaient d’en disperser les flèches à mille lieues à la ronde. L’ère des jours heureux débuta. Rien ne laissait présager pourtant qu’au retour de l’hiver, les larmes d’Isacendre se répandraient à nouveau, transformant dans ses flots, la terre en glacier, laissant le bel Ardan éploré à son chevet. Ainsi chaque année, les bien-aimés, dans l’emprise de la glace, hivernaient, se réchauffant de leurs âmes, en espérant ardemment le retour des beaux jours pour se retrouver. L’hivernale faucheuse avait trouvé l’icône dans laquelle se mirer : Isacendre, Marquise des neiges, fut alors sacrée.

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