A la Une : Split

Schizo boy, ou le coup de boule de James McAvoy dans nos peurs rationnelles.

Plus flippant que Tyler Durden dans Fight Club, James McAvoy et son Kevin aux 23 personnalités plus « une » pensées par l’éveillé, M. Night Shyamalan, nous file au sens propre comme au figuré un coup de poignard dans nos ventres noués.

Avec Split, le maître de l’inattendu, Shyamalan, accomplit un double retour en force, le sien, d’abord, parce que ces dernières années, ses œuvres ont eu tendance à finir dans les limbes du cinéma plutôt que sous les feux des projecteurs ; celui de McAvoy, ensuite, qui, après des années de rôles brillants mais « discrets » (incompréhensible), parvient enfin à se faire connaître du grand public.

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La Douleur

A vif.

Le film est l’adaptation du récit dans lequel Marguerite Duras décrit les affres de l’attente de son mari, Robert Antelme, déporté en 1944 pour des faits de résistance.

Un long métrage d’une magistrale mise en scène, en même temps audacieuse et ardente servie par un Emmanuel Finkiel au sommet de son art, avec de superbes comédiens, on ne peut plus graves à l’image, habités par les figures historiques (Marguerite Duras, François Mitterrand, Dionys Mascolo, Pierre Rabier…) qu’ils incarnent. L’absence, bien sûr, du mari déporté, habite chacun des plans du film. Mélanie Thierry, qui incarne sans filets, Duras (sublime dans ce rôle écorché) dépérit, à l’instar de l’auteure, au fil du film. Les bras réconforts de son amant Mascolo/ Biolay) n’y pourront rien changer. La culpabilité aussi, de ne pas avoir été arrêtée à sa place la ronge à chaque instant : on la voit, on la sent, on la palpe, elle est tenace, cette culpabilité… Pourquoi lui, et pourquoi pas nous, se demande-t-elle tout au long du film ?

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Ouvert la nuit

Paris Pass illimité…

Avec son dernier film, Ouvert la nuit, l’ami Edouard Baer nous propose une plongée en apnée dans son Paris de la nuit, celui des coulisses du show-business, des passages et rues oubliés par les guides touristiques, des lumières de ceux qui s’affairent à minuit et non à midi, de ceux qui boivent jusqu’à déraison. Ouvert la nuit, c’est une invitation à la baguenaude, à l’insouciance, avec son lot de rencontres truculentes et de mésaventures qui prêtent à rire…

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Nocturnal Animals

Le sentiment d’impuissance finit par détruire un être humain. » Haruki Murakami. 1Q84, Livre 1.

Que celui ou celle qui n’a jamais cloué le bec en rêve à celui ou celle qui l’avait humilié verbalement ou physiquement un jour au vent mauvais lève le doigt.

Point d’index ne pointe au ciel ? All right

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Dallas Buyers Club

Quand les médecins racontent n’importe quoi…

Matthew McConaughey n’est pas un acteur qui fait dans la demi-mesure. Quand il endosse les traits émaciés de Ron Woodroof et s’en va-t-en guerre contre l’industrie pharmaceutique pour assurer sa survie, il embarque dans sa quête les parias, hors-castes, exclus de la société sous le soleil de Dallas, pédés défroqués, travestis antisociaux et autres ilotes des bas quartiers.

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Tale of Tales

affiche-tale-of-talesLes châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir.” François Mauriac

C’est au travers d’une Italie abyssale et bestiale, que Matteo Garrone, le réalisateur du sanglant Gomorra, plante le décor de son conte des contes, inscrivant son histoire à trois tiroirs dans les traces lucifériennes de Luchino Visconti et de son Guépard, exhumant pour un temps d’éternité à l’écran la majesté d’un cinéma italien oublié, à regret.

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Le Feu Follet

lefeufolletafficheC’est un entraînement fatal où l’inconnu vous attire comme le feu follet fuyant sur les joncs d’une eau morte. » Gérard de Nerval/ Les filles du feu.

Alain Leroy est un vieux garçon, un intellectuel onanique, sans issue onirique, sans tissu organique, une faible flamme fugitive qui s’échappe de sa propre partition en décomposition, tel le feu follet en définition.

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